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Revenus, éducation et emploi modulent la fécondité à Bruxelles

Christian Du Brulle

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La progression de la population bruxelloise masque un phénomène paradoxal : comme ailleurs en Europe, sa population vieillit. Ce vieillissement résulte notamment du faible niveau de la fécondité. « Cette fécondité est aujourd’hui inférieure à la valeur de 2,1 enfants par femme, qui correspond au seuil de renouvellement des générations », indique Mathieu Buelens, géographe de l’Université libre de Bruxelles. Comment expliquer dès lors l’accroissement de la population bruxelloise?  « Elle résulte de dynamiques migratoires nationales et internationales complexes », indique-t-il.

Les travaux du géographe, relayés dans la dernière publication du « Brussels Studies Institute » montrent aussi, voire surtout, qu’à Bruxelles comme ailleurs, les pratiques reproductives sont largement déterminées par des facteurs socio-économiques tels que le niveau de revenu, d’éducation ou l’emploi. Son analyse de l’intensité et du calendrier de la fécondité pour l’aire métropolitaine bruxelloise débouche sur deux constats principaux.

En premier lieu, les données confirment la plus forte fécondité des classes défavorisées sur le plan socio-économique, alors que la proportion de femmes restant sans enfant augmente avec les revenus et le niveau d’éducation.

Le deuxième constat relativise ces différences de fécondité. Ce n’est pas tant en matière d’intensité que les classes sociales se distinguent, mais sur le plan de leur calendrier.

Les maternités précoces surviennent essentiellement dans les classes de revenu les plus basses (82 % des femmes ayant eu un enfant avant 20 ans sont aujourd’hui dans un ménage au revenu inférieur au revenu médian, indique le géographe), tandis que ce sont les revenus les plus hauts qui sont le plus surreprésentés pour la fécondité tardive, apparaissant à la suite des importants investissements consentis en matière de formation et de carrière.

« Les résultats présentés dans l’étude ont également pour originalité de croiser les dimensions sociales et spatiales de la fécondité », indique le BSI. « Aux variations de celle-ci correspondent les divisions spatiales classiques entre les espaces centraux et périphériques de l’aire bruxelloise, qui s’observent également dans les autres grandes villes belges et européennes (formes « extrêmes » dans le centre urbain dense, fécondité dans la norme ou influencée par les trentenaires en périphérie). Le niveau de détail élevé de l’analyse sur le plan spatial met toutefois en évidence l’existence d’effets de contexte encore mal expliqués : à profil socio-économique et origine nationale identiques, les femmes adoptent en effet des comportements reproductifs différents selon les secteurs statistiques où elles résident ».

Des normes sociales locales, des migrations internes ou des différences d’accès au logement figurent sans doute parmi les facteurs explicatifs restant à étudier pour mieux comprendre les variations spatiales de la fécondité et les évolutions démographiques à venir.

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