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À Bruxelles, la population la plus modeste n’a qu’un accès limité aux espaces verts de qualité

Une étude réalisée par le groupe de recherche « Cartographie et géomatique » de la VUB (Cartografie en Geo-informatiekunde), en collaboration avec le groupe de recherche « Architecture et urbanisme durables » de l’ULB, montre que plus d’un cinquième de la population bruxelloise n’a pas suffisamment accès aux espaces verts publics. Cette difficulté d’accès est plus prononcée dans les quartiers à faibles revenus, situés dans et autour du centre-ville.

« À mesure que les villes grandissent, les citadins sont de plus en plus confrontés à la pollution, au bruit, aux problèmes sociaux », rappellent les chercheurs. « Les espaces verts urbains apportent des réponses à ces situations. Ils offrent par exemple une meilleure qualité de l’air et une certaine modulation de la température en cas d’épisode caniculaire ».

Les parcs et autres espaces verts fournissent également des services écosystémiques culturels comme des zones de repos et de détente, de loisirs, de contacts avec la nature qui contribuent à la santé mentale et physique des habitants.

«Dans notre étude, la proximité des espaces verts publics à Bruxelles a été cartographiée et testée par rapport à la manière dont les Bruxellois ressentent l’accessibilité des parcs et autres espaces verts de leur région», explique Philip Stessens, qui a étudié cette problématique dans le cadre de son doctorat réalisé conjointement à l’ULB et à la VUB.

Les résultats montrent que si Bruxelles est une ville relativement verte par rapport à d’autres villes européennes, avec plus de la moitié de la superficie totale occupée par des espaces verts publics et privés, plus d’un cinquième des habitants de Bruxelles (21%) n’ont pas suffisamment accès aux espaces verts publics et 4% n’y ont aucun accès, du moins pas à une distance raisonnable de leur habitation.

Aux yeux des chercheurs, le contraste entre la périphérie, où il y a davantage de parcs, mais aussi plus des jardins privés que dans le centre-ville, est limpide. Dans une commune comme Uccle, chaque habitant dispose de six parcs différents à proximité de son habitation. Au centre de la capitale, il y a un problème de proximité.

En 2013, la Région de Bruxelles-Capitale a estimé que tous ses habitants devraient avoir a un espace vert public situé à moins de 200 m de leur domicile et à une espace vert public d’au moins un hectare à moins de 400 m de chez eux.

Sciences citoyennes

Les études menées par la VUB et l’ULB montrent que des pistes d’améliorations sont envisageables pour améliorer la situation. Dans le cadre du projet CO-NATURE, financé par Innoviris, Frank Canters (VUB) et Ahmed Khan (ULB) tentent d’identifier les moyens de lutter contre ces inégalités sociales.

Le projet vise à déterminer quels éléments « verts » peuvent être ajoutés au paysage urbain pour répondre aux besoins des 25% de la population n’ayant pas accès à cette ressource.

Tous les Bruxellois sont invités à participer à cette étude via un sondage en ligne et à faire part de leur point de vue sur la signification de l’espace vert dans la ville, sur la manière dont ils utilisent les espaces verts à Bruxelles et sur ce qu’ils pensent des espaces verts de leur quartier.

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