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Les émissions de soufre des navires contribuent à l’acidification des océans

L’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique a réalisé une étude pour le compte du Service public fédéral Mobilité et Transports concernant l’impact du rejet d’oxydes de soufre (SOx) par les navires sur l’acidification de la mer du Nord.

Les oxydes de soufre (SOx) présents dans les fumées émises par les navires résultent de la combustion de leur carburant. Leur rejet dans l’atmosphère est mauvais pour les êtres humains et les écosystèmes. Pour améliorer la situation, l’Organisation maritime internationale (OMI) a abaissé au 1er janvier dernier le taux maximum de soufre toléré dans le fioul utilisé par les navires. Il est passé à 0,5 % au début de cette année alors qu’il était de 3,5 % pour la période 2012-2019.

Les eaux belges de la mer du Nord, particulièrement fréquentées, font partie de la « zone de contrôle des émissions de soufre de la mer du Nord » dans laquelle les règles sont encore plus strictes. Dans cette zone, la concentration de soufre dans le carburant ne peut pas dépasser 0,1 %. Pour se conformer à la réglementation, il est permis d’utiliser du combustible à faible teneur en soufre ou de recourir à d’autres méthodes qui permettent de réduire les émissions de SOx en continuant à utiliser du combustible à haute teneur en soufre. Dont le lavage des fumées.

Vu la différence de prix entre les combustibles à haute et à basse teneur en soufre, l’installation de systèmes d’épuration des fumées, appelés « épurateurs » ou « laveurs », est économiquement plus avantageuse que la réduction de la teneur en soufre du combustible (dans des conditions économiques normales). Par conséquent, les nouvelles réglementations conduisent souvent à l’installation d’épurateurs sur de nombreux navires. Ces épurateurs « lavent » donc les gaz d’échappement des navires avant qu’ils ne soient émis dans l’atmosphère.

L’eau de lavage qui en résulte peut être collectée à bord (épurateurs en boucle fermée) ou rejetée en pleine mer (épurateurs en boucle ouverte). Les épurateurs en boucle ouverte, moins chers, sont utilisés plus souvent que les épurateurs en boucle fermée, et déplacent ainsi les émissions de soufre de l’air vers l’eau. Et c’est ici que les problèmes d’acidification de l’eau de mer se posent.

Lorsque l’eau de lavage des épurateurs en boucle ouverte est rejetée à la mer. Ceci a pour conséquence une augmentation de l’acidité de l’eau de mer et contribue ainsi à l’acidification de l’océan. Un processus qui vient s’ajouter à l’acidification causée par l’absorption du CO2 atmosphérique.

Les effets négatifs de l’acidification des océans ont déjà été observés sur les organismes marins tels que les moules, les huîtres, les crevettes et même les poissons. Une eau plus acide peut mettre en danger la formation de coquilles et de squelettes et peut entraîner la dissolution des structures existantes. En outre, certaines études montrent des effets sur la capacité des poissons à sentir, entendre et voir, et sur leur fonctionnement cognitif général.

Une eau plus acide peut également avoir un impact économique sur la pêche et l’aquaculture, car pour certaines espèces de crevettes et de moules, une perte de qualité a été démontrée en termes de goût, de texture, d’apparence et de propriétés nutritionnelles.

À la demande du Service public fédéral Mobilité et Transports, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) a donc réalisé une étude à l’aide d’un modèle biogéochimique avancé pour quantifier l’impact potentiel des rejets de SOx provenant du trafic maritime sur l’acidification dans le sud de la mer du Nord.

« Dans la Manche et le sud de la mer du Nord, les résultats montrent une diminution du pH entre 0,004 et 0,010 unité de pH (sur une échelle de seulement 14 unités) pour différents scénarios de trafic maritime », explique Valérie Dulière, auteure principale de l’étude. « Dans les zones à forte densité de trafic, telles que les voies de navigation le long des côtes belges et néerlandaises et à proximité des grands ports, la variation du pH peut être de 5 à 12 fois supérieure à la moyenne. Les changements modélisés indiquent un effet négatif potentiel sur la qualité de l’eau dans les ports, les estuaires et les eaux côtières », ajoute la Dre Dulière.

L’étude complète est accessible ici.

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