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Santé: l’alimentation industrielle ultra-transformée est moins coûteuse que l’alimentation saine

Christian Du Brulle

Une étude de Sciensano et de l’Ecole de Santé Publique de l’Université Libre de Bruxelles vient de s’intéresser au coût des régimes alimentaires en Belgique. Son constat: l’alimentation industrielle ultra-transformée coûte moins chère que des aliments sains. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour la santé.

« En moyenne, le Belge tire environ un tiers de son énergie journalière de produits alimentaires ultra-transformés », rappelle Sciensano, qui avait déjà chiffré cette proportion il y a deux ans. « Or, les transformations des aliments, en particulier du type, de l’intensité ainsi que le but de cette transformation, peuvent avoir un impact sur la santé ».

« Les produits alimentaires ultra-transformés se trouvent hors de la pyramide alimentaire et sont donc mauvais pour la santé », précise l’institution publique. « Ce qui signifie que leur consommation doit être limitée autant que possible. Les produits ultra-transformés contiennent généralement beaucoup de sucres ajoutés, de sel et de graisses saturées ainsi que de nombreux arômes, colorants et autres additifs. Ils sont transformés pour être facilement consommés, attractifs et accessibles pour le consommateur et, par la même occasion, rentables pour l’industrie alimentaire ».

Si plusieurs facteurs, tels que le goût, l’emballage, la publicité, la facilité de consommation ou le mode de vie, ont un impact sur les choix alimentaires des Belges, Sciensano montre aujourd’hui que le prix des aliments est lui aussi un facteur important dans les choix alimentaires, surtout pour les familles disposant d’un budget limité.  Sa nouvelle étude montre que les aliments ultra-transformés sont clairement moins chers (€0,55/100 kcal) que les aliments peu ou pas transformés (€1,29/100 kcal).

Comment faire évoluer positivement les choix alimentaires en Belgique? Sciensano propose de s’inspirer de ce qui se fait dans certains pays européens: rendre les produits ultra-transformés moins intéressants financièrement tandis que les produits peu ou pas transformés devraient, à leur tour, être rendus plus accessibles sur le plan financier. Cela permettra de stimuler des habitudes alimentaires saines, principalement pour les familles avec moins de moyens financiers.

L’institution publique suggère ainsi aux autorités belges de suivre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé pour la création d’un environnement alimentaire sain, en introduisant des mesures fiscales visant à décourager les mauvais choix alimentaires et à stimuler les bons. Mais aussi à limiter la publicité pour les produits malsains destinée aux enfants et à stimuler une alimentation saine à l’école.

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