Image default
Economie Institutions Politique Société telex

Pourquoi trop peu de Bruxellois demandent une aide énergétique

Anne Baudaux et Françoise Bartiaux, chercheuses à l’Université catholique de Louvain, ont mis au jour les raisons qui mènent trop peu de ménages bruxellois fragilisés à demander une aide, alors qu’ils vivent dans une situation de précarité énergétique.

Les deux chercheuses montrent que, comme dans d’autres secteurs de l’aide sociale, une des explications principales se trouve dans la complexité des démarches à entreprendre. Mais aussi de la longueur de la procédure, souvent accentuée par la perte de documents et la nécessité de réexposer à de nombreuses reprises sa situation à des interlocuteurs changeants.

Beaucoup de personnes qui font une demande d’aide éprouvent souvent un sentiment de stigmatisation de leur mode de vie », indiquent-elles dans la dernière parution de Brussels Studies, la revue scientifique pour les recherches sur Bruxelles.

Leurs comportements individuels de consommation d’énergie et leurs dépenses sont en effet passés au crible et volontiers remis en question par les différentes administrations. L’individu semble, de cette façon, constituer l’unique source du problème, au détriment de facteurs plus systémiques comme les prix de l’immobilier et la dégradation du parc de logements bruxellois.

De la même manière, ces personnes peuvent redouter une intervention dans leur espace privé et ainsi hésiter à entreprendre les démarches, coincées entre la dignité du logement et la dignité de l’indépendance, entre la sécurité d’un chez-soi plus confortable et la liberté de ne pas avoir à rendre des comptes, entre jouer le « jeu » de l’activation et de la preuve pour rester à l’abri du besoin et se débrouiller seul pour protéger son intimité.

Cette enquête ethnographique en Région bruxelloise montre les difficultés au quotidien que pose la précarité énergétique tout en soulignant l’importance du contexte qui façonne les caractéristiques de la précarité énergétique.

« En langue française tout au moins, la notion de foyer résume bien plusieurs aspects mis au jour par notre enquête. C’est d’ailleurs aussi le nom de la société de logements sociaux de plusieurs communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Le foyer, c’est l’âtre (se chauffer), le chez-soi (habiter), le ménage, objet d’aide sociale (se comprendre), trois dimensions mises à mal par la précarité énergétique », concluent-elles.

 

Eutopia va recruter 76 postdoctorants

frans

Du remdesivir en orbite, grâce à une technologie belge

Christian Du Brulle

Pour créer de nouvelles parcelles forestières, mieux vaut planter des saules et des peupliers

frans