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Patrimoine : le regard perçant de Pixel+ au service des chercheurs

Christian Du Brulle

Avec la crise sanitaire actuelle et le confinement qu’elle impose, les chercheurs n’ont eu que peu ou pas d’accès physique, tant en Belgique qu’à l’étranger, au patrimoine qu’ils étudient. Un projet mené en collaboration par le Musée Art & Histoire, la Bibliothèque royale de Belgique (KBR) et l’université de Louvain (KU Leuven) leur permet cependant de sortir de cet isolement.

L’application en ligne et en libre accès Pixel+, élaborée dans le cadre de cette collaboration, offre un regard plus perçant sur des objets du patrimoine parfois fort anciens. Bien plus qu’une simple image digitalisée, ce logiciel révèle des détails cachés des oeuvres, qu’il s’agisse d’un dessin de Bruegel, d’une tablette cunéiforme, d’une statuette égyptienne…

Bien sûr, les chercheurs avaient déjà accès à des bases de données et des objets numérisés, des notes et d’anciennes publications, mais ceux-ci ne représentent qu’une partie de l’information. Avec Pixel+, les chercheurs ont pu étudier le papier utilisé par Bruegel jusqu’à la fibre. De quoi obtenir une bien meilleure vision de la vaste gamme de techniques utilisées par l’ancien maître (voir l’illustration en tête d’article).

Pixel+ extrait de nombreuses informations supplémentaires des données disponibles. Les objets, tels que des pièces de monnaie, les miniatures ou les peintures, acquièrent soudainement, après des centaines d’années, des dimensions supplémentaires. En particulier dans le domaine de la 3D (géométrie) et de la bonne compréhension des réflexions de la lumière sur un objet.

« La technologie est intéressante pour de nombreux objets, des tablettes d’argile aux pièces de monnaie en passant par les peintures ou les manuscrits médiévaux », explique Hendrik Hameeuw, de la KU Leuven. « Le logiciel permet, entre autres, de visualiser virtuellement les objets avec différentes incidences lumineuses, de cartographier le relief au niveau du pixel ou de générer une visualisation 3D ».

Frédéric Lemmers, du département de numérisation de KBR, ajoute : « En le combinant avec l’imagerie multispectrale, les chercheurs ont récemment découvert que les têtes de certaines figures de la Rijmbijbel du 13e siècle dans KBR ont été peintes par-dessus à une date ultérieure. Au Musée Art & Histoire, la technologie a été utilisée pour rendre à nouveau lisibles des textes très altérés sur des figurines égyptiennes vieilles de près de 4000 ans.

Des institutions du monde entier pourront télécharger, consulter et étudier leurs propres ensembles de données ou fichiers en pixel+. Le logiciel convertit les informations selon diverses nouvelles normes et permet aux utilisateurs d’accéder aux objets du patrimoine virtuel de manière interactive.

« Ce développement est vraiment une étape importante pour le secteur du patrimoine », souligne Chris Vastenhoud, promoteur du projet au Musée Art & Histoire. « Un tout nouveau monde s’ouvrira pour les institutions du patrimoine du monde entier. Ils pourront documenter et partager de nombreuses informations supplémentaires afin de communiquer sur les objets de leurs collections ».

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frans