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Archéologie Histoire Institutions

Les fouilles de l’ULB à Thuin livrent de belles découvertes de l’Âge du fer

Christian Du Brulle

Depuis deux ans, les archéologues de l’Université Libre de Bruxelles fouillent le bois du Grand Bon Dieu, à Thuin. Ce site avait livré il y a plus de 40 ans un trésor en statères, des pièces de monnaie en or qui sont conservées aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire, à Bruxelles.

Le site fortifié n’avait plus été étudié depuis par des scientifiques. « Par contre, des pillards semblent bien l’avoir régulièrement écumé. « De nombreuses pièces archéologiques ont sans doute disparu », indique l’archéologue Nicolas Paridaens, du Centre de Recherches en Archéologie et Patrimoine (CReA-Patrimoine) de l’ULB, qui dirige les nouvelles fouilles menées depuis 2018 à Thuin.

Et le site est manifestement riche. « Il a été occupé à deux époques », précise Céline Paquet, chercheuse au CReA-Patrimoine (ULB). « Au cours de nos deux années de fouilles, nous avons retrouvé des silex taillés qui datent du néolithique, mais aussi de nombreuses pièces plus récentes ».

Ces trésors sont essentiellement celtiques. Parmi les pièces retirées du sol, on notera une épée gauloise d’apparat en fer munie d’un manche en bronze. Particulièrement bien conservée, cette épée a été retrouvée avec son fourreau, lui aussi en métal.

Les restes d’une ceinture celtique en bronze avec inclusions de verre fondu ont également été mis au jour. Un récipient en terre cuite de belles dimensions a également été retrouvé et partiellement reconstitué par les archéologues bruxellois. Quelques pièces en or complètent leur moisson scientifique.

Les chercheurs ont aussi eu la surprise de découvrir des balles de fronde romaines en plomb sur ce site. « Rien d’étonnant », dit encore Nicolas Paridaens. « Selon nos estimations, le site a surtout été occupé entre -75 et -25 de notre ère, période de la conquête de la Gaule par César. »

Cependant, le site fortifié, qui est protégé par des falaises, ne livre aucun autre indice de matériel militaire, de siège ou de batailles. Pas plus qu’il n’a livré de traces d’habitations ni de sépultures. Ce qui fait dire aux archéologues qu’il devait principalement être utilisé comme lieu de réunions et de festivités par les populations gauloises de l’époque.

Mais de quelles populations gauloises précisément? Les archéologues de l’ULB pensent que la fortification était défendue par les Nerviens, plutôt que par les Atuatuques comme on le pensait jusqu’à présent.

Quelques-unes des pièces découvertes lors de ces deux années de fouilles sont présentées au Centre culturel de Thuin tout au long du mois d’octobre. Elles iront ensuite grossir les collections du Musée royal de Mariemont.

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