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Les femmes sont dix fois moins présentes que les hommes dans le nom des voiries bruxelloises

Si une rue bruxelloise sur deux fait référence à une personne plutôt qu’à un objet ou un lieu, la probabilité qu’il s’agisse d’un homme est dix fois supérieure à celle qu’il s’agisse d’une femme. En moyenne en effet, pour l’ensemble des communes en Région de Bruxelles-Capitale, 46 % des odonymes (noms de rue etc.) sont masculins et 4 % seulement féminins.

Tel est le constat posé par huit enseignant(e)s et étudiant(e)s en sociologie de l’Université libre de Bruxelles dans la dernière publication de la revue scientifique Brussels Studies. Outre des disparités par commune (Bruxelles-Ville est classée en tête de classement avec… 7 % d’odonymes féminins tandis que la mauvaise élève dans ce domaine est Evere avec 1,2 %), ce déséquilibre se double d’autres formes de minorisation des femmes.

Le texte relève par exemple une présence féminine moindre plus on s’élève dans la hiérarchie des voiries, sauf dans le cas de souveraines qui figurent parmi les trois représentations féminines principalement véhiculées par les noms de rues (et qui laissent peu de place à la majorité des Bruxelloises).

Ces disparités sont largement connues aujourd’hui. Les communes, compétentes en matière d’attribution des noms, affichent d’ailleurs toutes des stratégies en faveur de la présence des femmes dans les noms de la ville, tout comme dans la gestion communale. L’article précise toutefois que derrière une unanimité de façade, des résistances existent dans le chef de certains élus et parfois de la population, qu’il convient de consulter à propos de changements de noms de rues.

« Il faut ajouter à ces freins la difficulté concrète de féminiser les voiries : changer les noms existants s’avère extrêmement lourd et les nouvelles voies à nommer sont rares et généralement de moindre importance. Faute d’opportunité, certaines élues envisagent donc de féminiser plutôt les bâtiments publics, stades, piscines, jardins, parcs, monuments ou arrêts de transports publics », précisent les auteurs.

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