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Les défis de l’exnovation bruxelloise analysés par GOSETE

En matière de développement durable, après l’innovation, cap sur l’exnovation. À l’Igeat (l’Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire) de l’Université libre de Bruxelles, une équipe de scientifiques vient de se lancer dans un projet de recherche centré sur ce concept. « L’exnovation est une notion générique qui porte sur les processus de déstabilisation, de déclin et d’abandon des modes de production et de consommation non durables », indique l’économiste Ela Callorda Fossati, postdoctorante à l’Igeat.

Quand on parle de transitions vers une économie durable, on y associe généralement le terme d’innovation. Ces innovations sont inscrites dans les stratégies des pouvoirs publics en Région bruxelloise. « Mais trop souvent, les innovations se superposent souvent au régime existant, au lieu de le remplacer, ne permettant pas une réelle transition », indique-t-on à l’ULB. Aussi, les politiques de transitions n’ont pas su prendre en compte les implications socioéconomiques, ce qui est clairement apparu en France avec le mouvement des Gilets jaunes. D’où le projet de recherche GOSETE, (“Governance of the Sustainable Economy Transition: Challenges of Exnovation”), qui vient d’être lancé. Bénéficiant du soutien financier d’Innoviris, l’Agence bruxelloise pour la recherche et l’innovation, ce projet s’étend sur trois années. Le projet GOSETE vise à analyser les principaux défis de la gouvernance de l’exnovation en évaluant la portée et l’ampleur de ses impacts environnementaux, sociaux et économiques.

Concrètement, les chercheurs vont étudier trois cas:

  • La « zone de basse émission » et l’exnovation des véhicules à moteurs diesel et essence
  • L’économie de la fonctionnalité/circulaire/du partage et l’exnovation de l’économie fondée sur la propriété
  • La montée de l’e-commerce et ce qu’elle implique en termes d’exnovation notamment par rapport au commerce de détail classique.

« Pour chacun de ces cas, nous n’allons pas nous concentrer sur des innovations individuelles », précise la Dre Ela Callorda Fossati. « Notre travail suit une approche plus globale, plus systémique ».

« Tout n’est pas encore défini avec précision », explique de son côté l’économiste et spécialiste de l’évaluation de la durabilité Solène Sureau, une autre scientifique impliquée dans cette recherche. « Nous discutons encore avec quatre institutions partenaires, nos parrains dans ce projet, dont Bruxelles Environnement par exemple ou encore Hub.brussels ».

« À terme, les résultats de ce projet de recherche de trois ans devraient éclairer les décideurs politiques à Bruxelles », souligne Solène Sureau. « Y compris en ce qui concerne certains de ses aspects légaux, étudiés plus en détails par nos collègues de la VUB ».

« Nous souhaitons aussi informer les citoyens sur le concept même et les enjeux de l’exnovation », indique encore Ela Callorda Fossati. « Ce concept récent est peu connu du grand public. Nous préparons un site web (exnovation.brussels) qui présentera notre recherche. Il comprendra également un blog. L’idée est vraiment de susciter le débat dans ce domaine ».

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