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Les chercheurs de l’ULB sur la piste de Gaius Iulius Viator

La « tablette de malédiction », également appelée tablette de défixion, découverte à Tongres, a livré certains de ses secrets aux chercheurs de l’Université libre de Bruxelles. Cette feuille de plomb gravé datant du 1er siècle après J.-C. a été exhumée en 2016, lors de fouilles préventives. Il s’agit d’un document qui était sans doute fixé sur la maison en bois d’un citoyen romain habitant la cité.

Ce genre d’objet était destiné à jeter un mauvais sort à une certaine personne. En l’occurrence, il s’agit ici de Gaius Iulius Viator, dont le nom est gravé au bas du document. Le document comprend des signes magiques inspirés de lettres de l’alphabet, des dessins et des textes incisés dans le métal.

Les chercheurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB) ont minutieusement étudié cette tablette de défixion. L’équipe scientifique était dirigée par les professeurs Alain Martin et Alain Delattre, du centre de recherche Études philologiques, littéraires et textuelles (Philixte ) de la Faculté de Lettres, Traduction et Communication. Avec leurs collègues, ils ont analysé les aspects textuels de cet objet. Des collègues du Centre de recherches en Archéologie et Patrimoine (CreA Patrimoine) et du centre de recherches des Sociétés anciennes, médiévales et modernes (Sociamm), toujours de l’ULB, ont apporté leur interprétation historique.

Enfin, la composition isotopique du métal de la tablette a été réalisée au service de Géochimie (G-TIME), en Faculté des Sciences. Cette dernière expertise a permis de déterminer qu’il s’agissait d’une production locale. Le plomb dont est composé ce lourd « parchemin » romain a été extrait dans le massif de l’Eifel tout proche, ou même dans l’est de la Belgique.

En dépit de son origine locale, la tablette de Tongres, qui est exposée au musée gallo-romain de la ville, présente des affinités de formes et de structures avec quatre malédictions sur plomb provenant de Tunisie ou de Grèce. Le modèle commun de ces cinq objets a probablement été transmis par un manuel de magie, rédigé peut-être en Égypte, dont des copies ont circulé dans tout le bassin méditerranéen, et même jusqu’aux confins septentrionaux de l’Empire. « La tablette fournit ainsi un témoignage de première main sur la circulation des hommes, des idées et des pratiques religieuses dans l’Empire romain et montre que le territoire de la Belgique moderne a été très tôt intégré à ces réseaux », précise l’ULB.

 Les résultats de la recherche ont été publiés dans la revue Latomus.

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