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Le bruit sismique livre d’étonnantes informations météorologiques

Christian Du Brulle

A l’Observatoire royal de Belgique, les enregistrements sismologiques historiques réservent parfois quelques intéressantes surprises aux chercheurs. Dans une certaine mesure, ils peuvent en effet éclairer des événements météorologiques.

Le 1er février 1953, la tempête qui frappa l’Europe a engendré des inondations colossales en Belgique, en Angleterre et aux Pays-Bas. À l’Observatoire royal de Belgique (ORB), le docteur Thomas Lecocq, vient de mettre en lumière certains détails de cette tempête, une des plus violentes à secouer nos régions au cours du siècle dernier. C’est en « relisant » les sismogrammes de l’Observatoire, ces enregistrements des ondes sismiques qui étaient à l’époque réalisés sur des rouleaux de papier, que le chercheur a retrouvé les signaux de cette tempête.

« Dans l’océan, l’interaction des vagues entre elles génère un bruit sismique permanent qui se transmet dans la roche », explique le scientifique. « Ce bruit, qui résulte de la rencontre de masses d’eau, est lisible sur les sismogrammes, enregistrés à Bruxelles, par les instruments installés dans les caves de l’Observatoire ».

D’où vient ce « bruit »? « En ce qui concerne l’océan profond, par exemple au milieu de l’Atlantique, il existe des trains de vagues qui vont en directions opposées », explique le scientifique. « Leur rencontre, leur choc, génère des interférences. Ce qui induit une sorte d’effet de piston sur le fond de la mer. Ce sont ces signaux sismiques, ces déplacements minimes de la croûte terrestre (de l’ordre de quelques micromètres), que nous pouvons détecter avec nos sismomètres », précise le chercheur.

Cette source de microséismes se déplace en fonction de l’endroit où interagissent les vagues. « En hiver, dans l’Atlantique Nord quand les tempêtes se répètent, nous savons que ces microséismes précèdent ou suivent les zones de mauvais temps », poursuit-il. « Le déplacement de la source de ce bruit permet donc de suivre le déplacement de la tempête. Ce qui nous offre donc la possibilité de dériver une information météorologique au départ de données sismologiques ».

Le chercheur a donc ressorti les anciens enregistrements des sismomètres d’Uccle. Il les a digitalisés et les a ensuite analysés. « Cela nous a permis de retrouver la signature de la source microsismique et effectivement de reconstruire l’arrivée de diverses tempêtes au cours des 72 heures précédant leur arrivée sur nos côtes », annonce le Dr Lecocq.

Ce travail ne permet par contre pas de reconstruire précisément la trajectoire de la tempête de février 1953. « Mais nous pourrions y arriver en combinant nos données avec les sismogrammes de l’époque provenant d’autres observatoires en Europe, par exemple au Portugal, en Islande ou en Irlande », conclut-il.

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