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Santé Politique Société

La résistance aux antibiotiques à usage vétérinaire explose dans le monde

Christian Du Brulle

Les chiffres sont limpides: 73 % de tous les antibiotiques vendus dans le monde sont utilisés chez des animaux d’élevage. Couplée à la demande croissante de protéines animales pour l’alimentation humaine dans les pays émergents, la multiplication des cas de résistances microbiennes à ces médicaments devient inquiétante.

Pour la première fois, les scientifiques de l’Université Libre de Bruxelles et leurs collègues en Suisse et aux États-Unis viennent de dresser une carte de cette antibiorésistance dans le secteur de l’élevage.

En un coup d’œil, le problème saute aux yeux. Entre 2000 et 2018, la proportion d’antimicrobiens présentant plus de 50 % de résistance aux antibiotiques est passée de 15 % à 41 %.

« C’est dans les élevages de poulets que les chiffres ont le plus augmenté », indique le Pr Marius Gilbert, qui dirige le Laboratoire d’épidémiologie spatiale, à l’école de bioingénieurs de l’ULB. C’est ici que la proportion d’antimicrobiens présentant plus de 50 % de résistance a augmenté de 15 % à 41 % en vingt ans. Pour les porcs, nous constatons une augmentation de 13 à 34 % ».

Pour arriver à ces constats, les chercheurs ont compilé des dizaines de milliers de publications réalisées par des vétérinaires dans le monde. Ils en ont sorti une base de données intégrée renseignant la présence de bactéries résistantes dans les élevages. Les antimicrobiens présentant les taux de résistance les plus élevés étaient également ceux qui sont le plus utilisés en production animale, à savoir les tétracyclines, les sulphonamides, la pénicilline, et les quinolones.

Distribution géographique de la résistance antimicrobienne dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. Le P50 est la proportion de composés antimicrobiens présentant une résistance supérieure à 50 %.
Distribution géographique de la résistance antimicrobienne dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires.

Pourquoi ces hausses? « Essentiellement pour éviter que les animaux tombent malades et deviennent donc impropres à la consommation », explique le Dr Marius Gilbert, Maître de recherche du F.R.S.-FNRS à l’Université Libre de Bruxelles. «  Il ne s’agit pas, dans la majorité des cas, d’un usage destiné à favoriser la croissance des animaux. Sauf en Afrique, où cette pratique n’est pas régulée ».

« Si l’utilisation à grande échelle d’antimicrobiens a permis une production animale intensive, elle a également entraîné une augmentation de l’apparition de maladies infectieuses résistantes aux antimicrobiens chez les animaux. Des résistances qui passent parfois vers les êtres humains », indique la revue «Science», qui publie les résultats de cette recherche.

Au-delà des conséquences potentiellement graves pour la santé publique, le recours aux antimicrobiens pour répondre à la demande de protéines animales est une menace probable pour la viabilité de l’industrie de l’élevage et partant, pour les moyens de subsistance des agriculteurs du monde entier.

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