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La reconfiguration des commerces à Bruxelles est permanente

Entre 1950 et 2017, le nombre de commerces sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale est passé de 42.712 à 20.696. « C’est une diminution de plus de 50 % de l’offre commerciale en 67 ans, soit une décroissance annuelle moyenne de 0,8 % », indiquent les chercheurs du Brussels Studies Institute (BSI) dans leur dernière publication.

Une situation catastrophique? « Le commerce n’est nullement un secteur en déclin, mais bien en très forte reconfiguration », estime Benjamin Wayens, un des six auteurs de cette publication intitulée: « Le commerce à Bruxelles : réconcilier l’urbain avec un secteur en reconfiguration ».

« S’il y a moitié moins de commerces aujourd’hui à Bruxelles qu’en 1950, cela ne s’est pas fait sentir au niveau des surfaces commerciales », indique-t-il. Des petits magasins ont fermé, d’autres, plus grands, ont ouvert. Et il ne s’agit pas forcément de commerces de succursales. Des indépendants aussi sont présents. Le plus grand libraire de Bruxelles est aujourd’hui un indépendant », pointe-t-il.

La note des six chercheurs a été bouclée juste avant le confinement et la fermeture de tous les commerces non essentiels décidés en Belgique le 18 mars 2020. Les effets de ces décisions ne sont dès lors pas intégrés dans ce tour d’horizon des commerces bruxellois.

« Certes, les impacts des mesures exceptionnelles prises pour combattre la pandémie de Covid-19 ne sont pas encore quantifiés, mais ces mesures ont vraisemblablement accéléré des tendances déjà à l’œuvre, à l’échelle du secteur dans son ensemble ou des entreprises en particulier », écrivent les quatre géographes ainsi que la sociologue et l’ingénieur agronome qui signent cette note de synthèse.

« Le secteur de la distribution à Bruxelles se distingue par son importance économique (9 % de l’emploi régional, dont une part importante ne nécessitant pas de qualifications attestées par un diplôme), mais également par une extrême versatilité. Dans certains noyaux commerciaux bruxellois, les points de vente qui changent de destination – qui disparaissent, changent d’activité ou de fonction, sont reconvertis ou détruits – représentent annuellement entre 4 et 9 % des cellules commerciales. À ces chiffres, il faut comparer la création de nouveaux points de vente, qui permet presque d’équilibrer la balance entre apparition et disparition (entre 1997 et 2017, le taux moyen annuel de diminution du nombre de commerces était évalué à -0,4 %) », précise l’équipe.

Le paysage commercial en Région de Bruxelles-Capitale est donc très dynamique : derrière ce constat se cachent des transformations profondes qui résultent notamment de l’adaptation à l’évolution des pratiques de consommation (dont le commerce en ligne), de nouvelles pratiques logistiques, de logiques de relocalisation associées au maintien du chiffre d’affaires par l’augmentation des surfaces de vente, mais aussi de dynamiques locales qui modifient l’environnement d’accueil de l’activité commerciale.

La note des six chercheurs ne se limite pas à dresser une série de constats. Elle avance aussi différentes pistes pour les commerçants et les gestionnaires urbains. Par exemple mettre l’immobilier au service du commerce et non l’inverse. Ou encore, inclure réellement le commerce dans les politiques de mobilité multimodale.

Pour les commerçants, capter les flux de clients potentiels ou les retenir (les touristes, mais aussi les navetteurs) sont des démarches à avoir en tête. De même que les possibilités offertes par la vente en ligne, via des réseaux locaux, avec retraits des marchandises en magasins par exemple.

L’étude complète est accessible en ligne, sur le site de la revue Brussels Studies, la revue scientifique pour les recherches concernant Bruxelles et sa région.

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