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Biologie Santé Institutions telex

La phagothérapie gagne du terrain à l’hôpital militaire

Christian Du Brulle

On le sait, l’augmentation des infections causées par des bactéries multirésistantes constitue un véritable problème de santé publique. Pour lutter contre ces bactéries, plus aucun antibiotique ne s’avère efficace. «Les patients qui souffrent d’une infection bactérienne de ce type sont alors très vulnérables », dit le Dr Jean-Paul Pirnay, spécialiste des phages à l’hôpital militaire Reine Astrid, de Neder-over-Heembeek (Bruxelles). «En Europe, 30.000 personnes sont mortes des suites d’une infection bactérienne en 2017 », rappelait-il cette semaine, lors d’un séminaire de microbiologie en lien avec les maladies infectieuses, organisé à l’hôpital Erasme (ULB).

La phagothérapie, soit l’administration de virus bactériophages (ou « phages » pour faire court), aurait-elle pu les sauver? La piste est séduisante. Elle est encore loin d’être une réalité largement disponible. Des problèmes scientifiques ainsi que techniques et régulatoires doivent encore être résolus avant d’espérer pouvoir remplacer les antibiotiques par des virus bactériophages. « Mais la tendance va dans le bon sens », note le Dr Pirmay.

Au niveau régulatoire, la législation belge est pionnière dans le domaine. Elle autorise, moyennant certains contrôles, l’utilisation de phages en préparations magistrales. L’hôpital militaire n’est pas une usine à phages. On y dispose cependant de certains « stocks ». Toutefois, seuls quelques types de phages y sont produits, en lien avec les infections liées à des blessures de type « militaire » (blessures par balles, brûlures etc). L’industrie pharmaceutique pourrait donc ici prendre le relais. Encore faut-il que cela l’intéresse. Les phages sont des organismes vivants, ils ne sont donc pas « brevetables ». Enfin, il faut également s’assurer d’identifier les bons phages pour lutter contre des bactéries spécifiques. Ici aussi, la recherche n’a pas dit son dernier mot.

Malgré tout, cette alternative aux antibiotiques devenus inefficaces soulève l’enthousiasme des patients. «Nous recevons, chaque jour, en moyenne, une demande d’utilisation de nos phages », précise le chercheur. Mais les conditions pour y avoir accès sont strictes. Ce n’est pas un médicament de routine! « Sur 260 demandes adressées à l’hôpital militaire en 2018, seuls 15 patients ont finalement pu bénéficier d’un traitement par phages. Et cette année, nous allons dépasser les 400 demandes », conclut-il.

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