Image default
Santé Société telex

La fonction cardiaque surveillée par « kinocardiographie »

Christian Du Brulle

Surveiller l’énergie produite par les battements du cœur et par l’éjection du sang dans les artères: voilà le type d’infimes signaux mécaniques que le Dr Pierre-François Migeotte (ULB) tente d’exploiter.

Les résultats des travaux du chercheur attaché au service de cardiologie de l’Hôpital Erasme (Université libre de Bruxelles) viennent de déboucher sur la création d’une spin-off: HeartKinetics. Son produit phare, le Kinocardiographe, permet de mesurer l’énergie produite par le cœur et les mouvements du sang. De quoi renseigner les médecins sur l’état de santé du cœur de leurs patients.

« Le Kinocardiographe se compose de deux boîtiers placés dans le bas du dos et sur le thorax des patients », explique-t-on à l’ULB. « Cet appareil permet de coupler les mesures liées aux efforts du cœur avec celles des mouvements du sang qui en découlent. Dans les cas où les efforts seraient anormaux, ces observations pourraient permettre de prévenir les récidives d’accidents cardiovasculaires chez des patients fragilisés ».

Le dispositif mis au point à Bruxelles, en collaboration avec l’hôpital Brugmann et l’université d’Eindhoven, et avec le soutien d’Innoviris, l’Institut bruxellois pour la recherche et l’innovation, a été testé chez l’animal, principalement dans le cadre d’infarctus du myocarde.

La validation de cette innovation pour un usage chez l’être humain passe désormais par une large étude menée en Asie. « Nous venons de développer de nouvelles collaborations avec Singapour, où la prévalence des problèmes d’insuffisance cardiaque est trois fois supérieure à celle que nous connaissons en Europe et aux États-Unis », précise le Dr Pierre-François Migeotte. « Chez nous 1,8 % de la population souffre de ce type de problème. A Singapour ce sont 4,6 % de la population qui sont concernés ».

« Singapour est également un territoire particulièrement intéressant pour nos recherches parce que la santé digitale y est une réalité depuis de nombreuses années. Et pas seulement en ce qui concerne les développements technologiques. L’ e-santé est déjà bien ancrée au sein de la population. Notre collaboration avec Singapour va nous permettre de valider notre système sur plus d’un millier de patients », précise-t-il.

Cette recherche se situe dans le prolongement d’études menées sur des astronautes. Lors de leurs séjours dans l’espace, les astronautes subissent un affaiblissement cardiaque dû à l’absence de pesanteur. La surveillance de leur fonction cardiaque s’impose dès lors. Cette dimension « spatiale » est toujours bien présente dans le cadre des travaux du Dr Migeotte. Au début de l’automne, des études en simulation d’impesanteur sur le déconditionnement cardiaque des astronautes ont encore eu lieu à Cologne, au centre de médecine aérospatiale de l’Agence spatiale allemande (DLR), en collaboration avec la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA).

Les universités s’engagent pour la liberté de la presse

frans

Rascar Capac n’est pas un roi inca

Christian Du Brulle

À Bernissart, les crocodiles mangeaient de tout

Christian Du Brulle