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L’ADN du poisson-chat permet de retracer l’évolution des paysages africains

Les chercheurs de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB), situé à Bruxelles, ont réussi à reconstituer les changements des paysages africains au fil du temps en se basant sur l’histoire évolutive du poisson-chat. Ils ont ainsi pu dater plus précisément d’importants événements géologiques et climatiques, survenus sur ce continent.

C’est l’étude génétique de différentes populations de poissons-chats (Clarias gariepinus), le poisson d’eau douce le plus répandu en Afrique, qui a permis aux scientifiques de reconstruire l’histoire des paysages africains. En étudiant les parentés génétiques entre diverses populations de poissons-chats, des chercheurs belges, mais aussi autrichiens, canadiens, congolais et sud-africains, dont Maarten Van Steenberge, spécialiste des poissons (ichtyologue) à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, ont en effet pu déterminer les périodes d’apparition des déserts, des lacs et des montagnes, ainsi que l’évolution des fleuves et des rivières en Afrique.

« Quand une population naturelle est scindée, suite à un changement du paysage ou des changements climatiques, cela laisse des traces dans ses gènes », explique le professeur Filip Volckaert, expert en biologie évolutionnaire à la KU Leuven, qui a dirigé cette étude.

« Nous pensons que c’est dans la région des Grands Lacs africains que l’espèce est apparue et qu’elle s’est ensuite dispersée à travers tout le continent », explique Maarten Van Steenberge, de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

Leurs analyses génétiques montrent l’existence de deux grandes familles de poissons-chats. La première se retrouve plutôt dans le nord. La seconde occupe principalement le sud-ouest de l’Afrique. Ce qui est remarquable, c’est que ces régions comprennent des zones parmi les plus arides du continent : le Sahara et le Sahel au nord, mais aussi le Kalahari, le Namib et le Karoo au sud.

Les lacs et les rivières où vivent les populations étudiées se situent donc à des distances considérables et sont séparés par des étendues désertiques. « On pourrait supposer que ces régions inhospitalières forment des barrières pour la migration des poissons. Ce qui est vrai. Mais l’apparentement entre les diverses populations de poissons-chats laisse supposer que dans le passé, le paysage était très différent », explique Maarten Van Steenberge. Jusqu’à il y a environ 5000 ans, des lacs immenses se trouvaient là où aujourd’hui on retrouve des déserts. Le plus grand de ces lacs, le « Mega-Chad » avait une superficie d’environ 300.000 km2.

Le choix ne s’est pas porté sur le poisson-chat africain de manière aléatoire. « C’est le seul poisson d’eau douce qui se trouve partout en Afrique et, de surcroit, dans presque tous les biotopes possibles : lacs, rivières et marais », explique Maarten Van Steenberge. L’importante distribution de ce poisson est due à sa capacité d’adaptation. Il est omnivore, il supporte bien la sècheresse et il peut même respirer de l’air, grâce à un organe spécial dans les branchies. Tout cela lui permet de migrer sur la terre ferme ! Dès qu’il a colonisé un endroit, il ne le quittera probablement plus jamais. Ce qui en fait un témoin idéal pour l’étude de l’histoire géologique.

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