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Le climat de la mer de Champagne, il y a 45 millions d’années, révélé par un escargot

Frans Steenhoudt

Dans un article publié dans la revue « Geochemistry, Geophysics, Geosystems », des paléontologues de la VUB et de la KULeuven livrent le fruit de leurs travaux sur le climat d’il y a 45 millions en Champagne (France). Grâce à l’étude des «stries de croissance» de la coquille d’un escargot de mer fossile, le Campanile giganteum, ils mettent en lumière une réalité climatique assez surprenante.

« Nos recherches montrent que l’eau de mer dans la région de la Champagne, en France, devait être assez chaude avec des températures moyennes annuelles de 26 °C et que la différence de température de l’eau entre l’hiver et l’été était remarquablement importante », explique le Dr Niels de Winter de la VUB. Ces résultats sont surprenants. Les scientifiques pensaient jusqu’à présent que les températures plus chaudes de l’époque gommaient les différences entre les saisons. Il semble bien que ce ne soit pas le cas.

Il y a quarante-cinq millions d’années, le climat de la planète était exceptionnellement chaud. Tellement chaud, en fait, que les glaces polaires n’existaient pas. « Il n’y avait pas de calottes glaciaires. En conséquence, le niveau des mers était beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui, et de grandes parties de l’Europe étaient recouvertes par des mers subtropicales peu profondes. C’était également le cas dans la région française actuelle de la Champagne. La mer était peuplée de nombreuses espèces d’escargots, de coquillages, de coraux et de requins, ce qui faisait de la mer de Champagne un haut lieu de la biodiversité ».

Avec une longueur pouvant atteindre 90 cm, le Campanile giganteum était l’un des plus longs escargots de mer connus. « La coquille d’un tel escargot se construit couche par couche. La composition chimique de ces couches peut nous donner un aperçu des fluctuations annuelles de température pendant la vie de l’escargot », explique Niels de Winter.

Les chercheurs ont analysé la composition chimique de trois escargots fossiles et les ont comparés avec le seul membre moderne de la famille des escargots géants, un escargot géant d’Australie, afin de découvrir à quel point l’eau de mer était chaude il y a 45 millions d’années, et pourquoi cette mer peu profonde de la Champagne était si riche en espèces.

Les recherches ont montré que les Campanile giganteum devenaient non seulement très gros, mais qu’ils se développaient aussi exceptionnellement vite, plus de dix fois plus vite que la plupart des autres escargots de mer.

« En raison de ce taux de croissance élevé, les escargots de mer géants ont un potentiel particulier en tant qu’archives climatiques vieilles de millions d’années », explique M. de Winter. « Nos recherches montrent que l’eau de mer en Champagne devait être chaude avec des températures pouvant atteindre 32 °C en été. Mais avec des températures hivernales relativement fraîches de 21 °C. La différence de température de l’eau entre l’hiver et l’été était remarquablement importante. L’eau de mer chaude et les grands changements de température tout au long de l’année peuvent avoir contribué à l’exceptionnelle diversité des espèces dans les eaux peu profondes de la France. Si nous examinons la tolérance à la température des espèces modernes, nous pouvons voir que ces variations de température sont exactement adaptées à la croissance des coquilles, pas trop chaudes en été, mais pas trop froides en hiver non plus ».

Les recherches ont donc également montré que les périodes de climat chaud, comme l’Éocène étudié ici, n’ont pas nécessairement des saisons moins prononcées. « Cela a également des implications sur notre connaissance du changement climatique. Malgré le réchauffement global, nous pouvons encore avoir de nombreuses différences de températures entre les saisons » , conclut Niels de Winter.

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