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Entre la Corse et la Sardaigne, une page de l’histoire romaine sort de terre

Christian Du Brulle

Depuis 2017, les archéologues et les géologues de l’Université libre de Bruxelles travaillent sur divers sites des « Bouches de Bonifacio », un détroit qui sépare la Corse de la Sardaigne.

« Nadine Mattielli du laboratoire G-Time (Géochimie: Traçage Isotopique, Minéral et Elémentaire) et Sébastien Clerbois du Centre de recherche en archéologie et patrimoine (CReA-Patrimoine), ont découvert que les différents sites d’extraction du granite sur l’île de Cavallo et son îlot satellite de San Bainzu constituaient sans doute une même et unique carrière, aux dimensions importantes, formant ainsi la plus grande carrière des bouches de Bonifacio », indique-t-on à l’ULB.

L’enjeu de cette découverte? Il s’agit de mieux comprendre pourquoi cette carrière a été exploitée… dès l’Empire romain. « Sur le terrain, nos travaux se sont concentrés autour d’un relief sculpté qui marque l’entrée d’une des carrières ainsi que sur un bâtiment dont les murs sont constitués de blocs de grande taille », précise Sébastien Clerbois, codirecteur du Centre de recherche en archéologie et patrimoine de l’ULB, le CReA-Patrimoine.

« Nos trois campagnes de terrain réalisées de 2017 à 2019 nous ont permis d’étudier les paysages, les roches, les différents minéraux qui composent les pierres, leur texture, etc. Cela a débouché sur la réalisation d’une nouvelle carte géologique très précise de la région. Surtout des iles et de la côte des bouches de Bonifacio. Nous y avons identifié différents types de granites, leurs textures, leur composition chimique, leur contenu minéralogique », indique la Dre Mattielli. « En combinant divers types de mesures, nous avons pu tisser des liens entre les carrières de cette région et certains monuments », précise-t-elle.

Pourquoi un tel intérêt pour ces granites des Bouches de Bonifacio? À l’époque, les empereurs romains affectionnaient un type de roche particulier qu’ils faisaient venir d’Égypte à grands frais. Des pierres ressemblant à cette fameuse roche égyptienne pourraient avoir été prélevées dans les carrières des Bouches de Bonifacio. Les exploitants ayant sans doute cherché à trouver des carrières plus proches de Rome pour alimenter le marché de cette pierre popularisée par les grandes constructions publiques impériales.

« Cette découverte permet de mieux comprendre l’économie romaine et d’expliquer l’implantation romaine à cet endroit. Elle démontre qu’au-delà du contrôle de la route maritime, l’Empire romain y avait développé une activité économique prospère », concluent les chercheurs bruxellois.

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