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Apparition d’un trou dans la couche d’ozone au-dessus du Pôle Nord

Christian Du Brulle

Des conditions météorologiques exceptionnelles ces dernières semaines conduisent à une diminution importante de l’ozone stratosphérique en Arctique. Les observations faites par les chercheurs et les ingénieurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB) indiquent que cette diminution atteint environ 30%, à la date du 16 mars. Ce phénomène s’explique par un hiver stratosphérique très froid et persistant qui conduit à une prolongation inhabituelle de la destruction de l’ozone jusqu’au printemps.

 

Distribution d’ozone mesurée chaque année à la fin de l’hiver (1-16 mars) par l’instrument IASI à bord du satellite Metop. Les couleurs jaunes à rouges indiquent les régions avec de fortes concentrations d’ozone, les couleurs bleues indiquent des concentrations deux fois plus basses (2011 et 2020).
Distribution d’ozone mesurée chaque année à la fin de l’hiver (1-16 mars) par l’instrument IASI à bord du satellite Metop. Les couleurs jaunes à rouges indiquent les régions avec de fortes concentrations d’ozone, les couleurs bleues indiquent des concentrations deux fois plus basses (2011 et 2020).

 

En Antarctique, le « trou d’ozone » (qui correspond à une destruction de plus de la moitié du contenu total d’ozone au printemps) est un phénomène récurrent en raison des températures extrêmement basses dans la stratosphère chaque hiver. En Arctique par contre, les températures hivernales sont en moyenne plus élevées et les conditions météorologiques varient beaucoup d’une année à l’autre. Les conditions ne sont donc en général pas réunies pour qu’une diminution importante de l’ozone soit observée au Pôle Nord. « Cette année les conditions météorologiques extrêmes sont responsables du petit « trou d’ozone » observé », indiquent les chercheurs de l’ULB. Ils disposent d’observation par satellite (les 3 instruments IASI) pour surveiller l’ozone au jour le jour, tout autour du globe.

« Les observations de cet hiver ont montré une diminution importante, qui couvre une zone étendue, durant plusieurs semaines autour du Pôle Nord, avec du coup une augmentation du rayonnement ultraviolet qui atteint la surface de la terre. La persistance et l’intensité de l’évènement sont exceptionnelles. Depuis que la mission IASI est en orbite (2006) un évènement de cette ampleur n’avait pas encore été observé. »

La destruction de l’ozone stratosphérique se produit dans les régions polaires lorsque les températures descendent en dessous de -80 °C. A ces températures des nuages se forment dans la basse stratosphère et des réactions chimiques transforment des composés issus des halocarbures – et inoffensifs vis-à-vis de l’ozone-, en composés actifs. Ces processus conduisent à une destruction rapide de l’ozone au retour de la lumière solaire au-dessus du pôle. Selon le dernier rapport international d’évaluation de l’état de la couche d’ozone, l’ozone devrait retrouver son niveau des années 1980 autour de 2060 au Pôle Sud, et vers 2030 au Pôle Nord.

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